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Nos curiosités

Lisieux dans un dictionnaire à l'époque de Louis XIV

 

Le dictionnaire du prêtre Louis Moreri est certes un livre ancien (la première édition date de 1674), mais il n'est pas rare : de nombreuses bibliothèques françaises disposent d'au moins un exemplaire de ce qui apparaît comme un outil classique pour les savants et lettrés des XVIIe et XVIIIe siècles. Il constitue une forme d'ancêtre de ce qu'a été le Quid il y a encore quelques années. Victor Hugo l'utilisait pour documenter ses références près de deux cents ans après.

Ce Grand dictionnaire historique ou le Mélange curieux de l'Histoire sacrée et profane  est un best-seller de l'époque : il a connu pas moins de vingt éditions, passant d'un seul volume à dix tomes au milieu du XVIIIe siècle (l'auteur lui-même étant mort avant de voir la deuxième impression), avec même des « suppléments ». Ce succès s'explique par le volume considérable des renseignements (chacun des deux volumes de 1682 compte plus de 1300 pages et mesure près de 40 cm de haut !), ainsi que par l'usage du français au lieu du latin. Ce modèle a été rapidement traduit à l'étranger et copié.

Or, l'édition la plus ancienne dont la médiathèque dispose (1682) comporte une notice sur Lisieux :

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Cette courte description souligne l'importance de la religion dans l'identité de la ville (bien avant Thérèse). Sa localisation en "Haute Normandie" n'est pas une erreur : la distinction entre les deux Normandie existe depuis la fin du Moyen Âge mais les limites ont souvent changé. Or, Lisieux se trouvait à la quasi-intersection de plusieurs circonscriptions administratives. Ici, cela pourrait également signifier que Lisieux se trouvait dans la zone d'influence de Rouen, beaucoup plus prospère que Caen à cette époque. Quant à la place des fontaines publiques, elle permet de se rappeler une époque où l'eau courante n'existait pas : sa distribution était par conséquent à la fois vitale et facteur d'embellissement de la ville.

Le dictionnaire propose également quelques lignes savoureuses à l'article "Normandie" : "La Normandie est froide, mais assez fertile et abonde en blés, en bétail, en fruits et surtout en pommes et en poires, qui servent à faire le cidre et le poiré, dont les naturels [habitants] de la province font leur boisson ordinaire; mais elle manque de vin presque partout. (...) La Normandie a produit de grands hommes. Ceux de cette province sont ingénieux, mais colères et chicaneurs. Le reproche qu'on fait aux Normands ne se doit prendre que pour ceux de la lie du peuple. Les autres sont braves et généreux."

Cependant, le succès du dictionnaire de Moreri a suscité des mécontentements : non par jalousie (quoique...) mais en réaction aux nombreuses erreurs que cet ouvrage contenait. Des livres spécialement consacrés à la rectification de ses renseignements sont parus, notamment au début du XVIIIe siècle. Le trop grand nombre d'erreurs est une des raisons qui ont poussé à la publication du dictionnaire de Bayle (1696), précurseur des philosophes des Lumières, qui comporte pas moins de 43 renvois très critiques au dictionnaire de Moreri ! Edition, ton univers impitoyable...

Une version de ce dictionnaire est consultable sur Gallica (la bibliothèque numérique de la BnF).

Les versions détenues par la bibliothèque sont accessibles sur demande (à la section adulte).

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Voici une des dernières images arrivée en 2011 dans le fonds patrimonial, remarquable par la fraîcheur des couleurs et la précision des détails.

Ce qui fait l'intérêt de la description d'une gravure, à part les qualités de l'image, ce sont les recherches pour aboutir à une légende la plus généreuse possible.

Le premier pas étant bien sûr l'observation, la suite s'est enclenchée, avec l'aide précieuse de notre collègue qui connaît Rouen et l'Histoire comme ses deux poches, dans une chasse aux indices dans les catalogues en ligne (Gallica, bibliothèque numérique de la BnF) pour observer d'autres plans - eux, datés ! - nous apportant parfois sur un plateau le détail recherché : datation du remplacement de traverses de voie ferrée en bois par... du fer ; époque des travaux de rénovation suscitant un échafaudage sur un clocher ; ...

Le résultat est implacable : la description d'une estampe tient davantage de la rédac' scolaire que d'un exercice de style :

Vue de Rouen : prise de la route de Bon Secours [gravure] / dessiné et lithographié par Asselmeau.- Paris : Impr. Frick aîné & fils, entre 1856 et 1876.- en coul. ; 140 x 470 mm.

"Au premier plan, sur la gauche, le pont de la voie ferroviaire de Paris au Havre - aux travées reconstruites en fer en 1856 - enjambe l'île arborée Brouilly, aujourd'hui disparue, prolongée par l'île Lacroix portant des cheminées d'usines.

L'île Lacroix est traversée par le pont Corneille appuyé sur la rive gauche et les abords de Sotteville, dont l'église Saint-Sever se dresse à l'extrême gauche de l'image.

En descendant la Seine, le dernier ouvrage est le pont suspendu à câbles métalliques des frères Seguin inauguré en 1836 et démoli en 1884.

Sur la rive droite, au premier plan, la colline de Bonsecours avec, à ses pieds, une usine en activité au bord du fleuve, sur lequel glisse un bateau à vapeur avec roues à aubes.

A l'arrière-plan, au centre, la cathédrale Notre-Dame et sa nouvelle flèche en fonte en chantier, l'église Saint-Maclou et, à l'extrême droite, l'imposante église Saint-Ouen.

Dans un plan plus proche, la petite église Saint-Paul est bien présente.

La vue dégagée offre la fuite des méandres de la Seine bien au-delà de la ville, vers la mer."

Très belle et récente acquisition du fonds patrimonial, cette vue gravée de Rouen jadis et aujourd'hui en forme d'éventail signée par Jules Adeline (1845-1909) pour le salon de 1880.

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En grand format, c'est ici.

Rouen jadis & aujourd'hui [Image fixe] : gravure / Jules Adeline.- Rouen, 1880.- en noir ; 41 x 70cm. [Dédicace : "A madame L. Conquet, Hommage respectueux de l'auteur. Adeline." (Sans doute s'agit-il  de l'épouse du libraire éditeur L. Conquet qui publiera en 1895 sa Légende du Violon de Faïence). - La gravure porte, en bas à droite : "Eventail gravé, Salon de 1880."] - NORM I ADE

D'après Henri Béraldi (Les Graveurs du XIXe siècle, 1885) il existe de cet éventail gravé 2 exemplaires sur satin blanc et quelques rares épreuves sur papier. La planche a été transformée en diplôme de récompenses pour la Société des Amis des Arts de Rouen.

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Statue équestre en bronze de Don Quichotte

[Dimensions - H. 119 cm., L. 88 cm., P. 21,5 cm. ]

par

Marie-Louise Simard.

(1886-1963)

risso001Editée à Paris, en 19 livraisons parues de 1818 à 1822, l’Histoire Naturelle des Orangers écrite par antoine Risso (1777-1845) et richement illustrée par Pierre-Antoine Poiteau (1766-1854) constitue un ouvrage majeur parmi les anciens traités consacrés aux espèces fruitières. L'ouvrage n'a connu que 3 éditions : 1818, 1872, 2000 (en 2 vol., éditions Connaissance & Mémoires). L'exemplaire (édition originale) conservé par la médiathèque André Malraux est complet et en excellente condition. Les planches gravées ont gardé pour la plupart d'entre elles leur fraîcheur première.

Histoire naturelle des orangers / par A. Risso, ancien Professeur des Sciences physiques et naturelles au Lycée de Nice, membre associé des Académies de Turin, d'Italie, de Genève, de Marseille, de Florence, des sociétés philomatiques de Paris, des naturalistes de Genève, d'histoire naturelle d'Arau, etc. etc.,  et A. Poiteau, Botaniste, peintre d'histoire naturelle, jardinier en chef des Pépinière royales de Versailles, membre de la Société d'Agriculture et des arts de Seine et Oise.- Ouvrage orné de figures peintes d'après nature..- Paris (20, rue Sainte-Anne) : Imprimerie de Mme Hérissant Le Doux, imprimeur ordinaire du Roi et des Musées royaux, 1818.- 1 vol., 280 p.-[109] f. de pl. en coul. ; in-fol (34 cm) [Bm Lx : 5307]

L'ouvrage est consultable en ligne sur le site Google Books (exemplaire de la BCU de Lausanne) mais malheureusement en noir et blanc (mode image et mode texte enrichi), ce qui lui enlève quand même beaucoup de sont intérêt. La bibliothèque interuniversitaire de Pharmacie (Paris) a de son côté publiée sur son site dans la rubrique le livre du mois (février 2010) outre une notice très documentée sur le livre et ses auteurs, l'intégralité des 109 planches couleurs : http://www.biup.univ-paris5.fr/lm_1002_mosaique.html

Planche présentée ci-contre : Oranger de Gênes (p. 40) « ClTRUS AURANTIUM GENUENSE , ARANCIO DI GENOVA.

Foliis ovato-oblongis : floribus summis tripetalis :fructibus magnitudinis mediae , paulisper asperis , intensè luteis, subglobosis , basi sœpè sulcatis y pulpâ dulci.

Aranzo dolce da Genova, Volcam. Hesp., par. 2, p. 186, T. 187.
Citrus Aurantium Genuense , Risso, Annal. du Mus. d'Hist. Nat.,

Tel est le nom que les cultivateurs de Nice donnent à cet oranger encore peu cultivé, quoique sa récolte soit presque annuelle et que ses fruits deviennent assez beaux. Nous croyons que c'est à ce même oranger que Volcamer donne le nom d'Aranzo dolce da Genova.

Il forme une tête naturellement arrondie, parce que ses rameaux sont petits, courts et touffus ; ses feuilles sont ovales oblongues, rétrécies aux deux bouts, d'un vert foncé, luisantes, entières, les unes planes, les autres creusées en gouttière, portées sur des pétioles quelquefois ailés, quelquefois presque nus. On trouve aussi, près de la fructification, des feuilles dont le pétiole n'est pas articulé.

Les fleurs, disposées en bouquets, ont le calice à trois ou cinq dents, les pétales inégaux, souvent au nombre de trois seulement dans les fleurs supérieures qui restent petites et peu développées.

A ces fleurs, succèdent des fruits ordinairement ronds, quelquefois un peu déprimés au sommet, marqués de sillons à la base, à surface unie, mais cependant un peu chagrinée, d'un beau jaune rouge ; leur intérieur se divise en dix ou douze loges qui contiennent une pulpe jaune au centre, rougeâtre à la circonférence, remplie d'une eau sucrée très-agréable. Les graines sont ovales, petites, peu nombreuses, plus ou moins parfaites.

Long. 0,060-0,074; larg. 0,068-0,072; épaiss. 0,005-0,007.

Cet oranger se distingue par la surface finement chagrinée de ses fruits : son feuillage présente quelquefois de l'irrégularité qu'on ne peut attribuer ni à la nature du sol, ni à l'effet de la culture. C'est en Ligurie qu'il a été cultivé pour la première fois, et d'où les pépiniéristes l'ont ensuite répandu dans les provinces circonvoisines. »

Médiathèque André Malraux
Quai des remparts
14100 LISIEUX
02 31 48 41 00

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